Cloud Paradise et Bonfires, deux courts-métrages à découvrir dans votre cinéma du 17 au 23 décembre 2025.
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Cloud Paradise de Roger Gafari et Laura Ghazal, devant les projections de L’âme idéale
Rien ne va plus entre Matteo et Rima. Heureusement, celle-ci peut se confier à son amie Julie, éternellement là pour elle…
Surprenante chronique que ce Cloud Paradise. Ce qui s’annonçait comme une radiographie de couple en appartement, ou comme le portrait d’une jeune femme en plein questionnement existentiel, débouche sur un tout autre point de vue. C’est un regard poussé à l’extrême sur notre monde de stockage de données et d’avatars, débouchant sur des possibilités infinies, qui repoussent les limites connues.
En moins de deux minutes cinquante, Laura Ghazal et Roger Gafari installent en douceur un humour noir confondant. Un monde où les vivants soulageraient leur deuil (ou pas !) en ayant accès aux défunts, en mode confidence et conseil virtuels. Une dérive de la société technologique, qui charge les êtres de comptes multiples et de palliatifs aux frustrations diverses.
La chute narrative s’avère ici une concrétisation parfaite à l’univers idéalisé. Pirouette de récit qui permet au spectateur de comprendre encore mieux le comment de cette prouesse digitale. C’est aussi une trouvaille d’une ironie implacable, pour solutionner l’éloignement amoureux et couper court à la discorde. La solution policée amuse, mais fait aussi froid dans le dos !
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Bonfires de Martin Bureau, devant les projections de Rebuilding
Les Bonfires sont d’immenses « feux de joie » allumés en Irlande du Nord le 12 juillet de chaque année par les protestants, dans le contexte des célébrations de la Bataille de la Boyne, qui eut lieu en 1690. Composés de palettes de bois, de pneus et de déchets, ils représentent une affirmation identitaire pour les protestants, arrogance et humiliation pour les catholiques.
Immenses monuments éphémères érigés dans les quartiers protestants d’Irlande du Nord, les bonfires captés par le cinéaste québécois Martin Bureau révèlent la violence contenue dans l’attente de l’embrasement. Prix Farel du court métrage 2018, ce documentaire de 6 minutes transforme ces tours de palettes, pneus et déchets en formes paradoxales, entre fierté identitaire et provocation haineuse. Sans commentaire, le film interroge avec ironie les persistances du nationalisme et les plaies encore ouvertes d’une société divisée, où la commémoration de la victoire de Guillaume d’Orange en 1690 devient prétexte à l’affirmation brutale des territoires.
Production Spira Scénario Martin Bureau Musique Érick d’Orion

