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Publié le 03/01/2024 - Court-métrage

Du 3 au 9 janvier

La Grinta, /Imagine et Tournesol, trois courts-métrages à découvrir dans votre cinéma du 3 au 9 janvier 2024.

\ɡʁin.ta\ féminin
Impétuosité, combativité, pugnacité.

La grinta, c’est la niaque, la détermination, l’esprit combatif dans le sport. La grinta, c’est le mantra que répète et influe à ces oies démotivées l’entraîneur amateur de l’équipe féminine de football de ce court métrage. C’est la mi-temps, et le score est fatal pour l’équipe de St-Joseph. Toutes veulent abandonner et raccrocher le short face à leur sort sportif. Et pourtant, les confessions de l’aîné vont influencer les esprits.

Ilan Zerrouki s’est amusé à écrire une comédie feel good de moins de cinq minutes, avec une majorité de filles face à un seul homme, Jean-Luc, catapulté coach de ce club parrainé par la marque de brioches Berthier. Mais l’effet gonflé du produit est devenu gonflant pour les donzelles, qui en viennent à lancer qu’elle en ont « ras la brioche » ! Savoureux moment hors-terrain.

L’humour bat son plein, et c’est grâce à une incursion dans l’émotion que la partie va repartir, à nouveau en ellipse, puisqu’aucune image du match n’est filmée. Seul le panneau d’affichage ouvre et clôt le film. Avec le même effet frontal et décapant : 13/0, puis 24/0. La claque est sévère, mais l’équipe s’est ressoudée. De la bonne humeur comme ciment du lien collectif !

Scénario Pierre Bollerot Interprétation Nina Zerrouki, Anne-Victoire Olivier, Sarah Lemzaoui, Liza Alegria Ndikita, Etienne Guillou-Kervern


Aucun enfant n’a fait d’heures supp pour les besoins de cette vidéo car ils n’existent pas.

/Imagine est fascinant. /Imagine est déroutant. Un court métrage de son époque, la nôtre, celle de 2023.

Ce voyage au présent est dû à l’actrice Anna Apter, qui signe ici une réalisation qui fera date. Elle a eu l’idée d’utiliser l’intelligence artificielle comme un outil pour composer un film qui raconte son temps et sa technicité. Pour ce faire, elle a utilisé le programme Midjourney, du laboratoire de recherche du même nom.

Elle-même effrayée et fascinée, l’autrice a voulu tester ce qui est décrié comme une menace (l’intelligence artificielle), pour voir ce qu’elle pouvait en faire, tout en restant aux manettes du choix, du montage, de la finalité. Elle a aussi insufflé le scénario, la trame, les idées, et les descriptions précises de chaque personnage, objet, ambiance, saison ou lieu géographique.

La bonne idée est d’avoir opté pour une galerie de portraits d’enfants de treize ans, au moment où l’application Instagram, créée en 2010, fête justement ses treize années d’existence. Le trouble naît donc conjointement des regards, visages, expressions et descriptions des saynètes, tout comme du parallèle entre une génération du futur, à l’ère de la mise en scène de soi via les réseaux sociaux.


Un tournesol pas comme les autres choisit de porter un regard nouveau sur son environnement, il va découvrir un univers totalement différent…

La réalisatrice russe Natalia Chernysheva livre une nouvelle pépite animée avec Tournesol, ou le portrait d’un être solitaire, vilain petit canard dans une meute soumise en collectif. Un tournesol qui n’en fait qu’à sa tête, en déviant de sa fonction première : tourner – et vivre – avec le soleil. Car ce qui fait vibrer la face de cette immense fleur, c’est la nuit, et non le jour. Et la lune, et non l’étoile diurne.

Face au garde-à-vous discipliné, c’est l’école buissonnière qui tient le haut du pavé. La cinéaste privilégie l’humour pour nourrir le décalage. La plante géante doit en effet faire face aux désagréments des créatures nocturnes. L’escargot veut la manger et le hibou s’y poser. Mais la nuit reste magique, avec sa voûte étoilée, ses comètes et ses satellites clignotants qui émerveillent le tournesol.

La simplicité du trait et la vivacité des couleurs se glissent à merveille dans cette odyssée en plein air, qui fait du sur-place géographique, mais qui voyage par l’imaginaire. En moins de quatre minutes, la réalisatrice enchante en célébrant la différence, la singularité et la résistance à l’uniformisation sociétale. Le tournesol va vivre des moments uniques, même si la résolution sera fatale et définitive.

Scénario Natalia Chernysheva Musique Artem Fadeev Production Folimage S.A.S, Studio Pchela

L’Extra Court