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10/11/2021 - Court-métrage

Du 10 au 16 novembre

Enzo et Turbopera, deux courts-métrages à découvrir dans votre cinéma du 10 au 16 novembre 2021.

  • Enzo, de Serena Porcher-Carli, devant les projections de A Good Man

Serena vous emmène en visite chez Enzo. Dans une ambiance intimiste, ce personnage vous laisse entrer dans sa vie, une vie extra-ordinaire, car il s’agit de celle d’un garçon trans.

Serena Porcher-Carli n’est pas seulement une jeune cinéaste de talent, mais elle est photographe à l’origine et cette dualité des approches imprègne Enzo, essai documentaire récompensé du Prix du jury aux Rencontres internationales Sciences et cinéma de Marseille en 2017 et présenté à Côté court, à Pantin, l’année suivante.

Réalisé dans le cadre de son cursus à l’École nationale supérieure Louis-Lumière, ce court métrage de fin d’études s’appuie sur le dispositif – très adapté – d’un matériel photographique dressant le portrait, par la grâce d’un montage particulièrement fluide, d’un garçon transgenre. Enzo se raconte en voix off, faute d’apparaître dans le champ, sinon par une série d’inserts – de parties de son corps ou de détails de son appartement. Son identité, une “transidentité” donc, se construit ainsi peu à peu, Enzo étant né fille et sachant depuis toujours appartenir en réalité à l’autre genre. Comment mieux retracer, de façon constamment respectueuse, cette trajectoire intime ? On entre aisément en empathie avec ce jeune homme parvenu à se réconcilier avec lui-même, au-delà des incompréhensions et des discriminations, tant quotidiennes que sociales. Un objet de cinéma singulier, non dénué d’humour, et une troublante leçon de vie dans le même mouvement… Et sans doute le premier opus d’une belle et importante œuvre à venir.

Scénario Serena Porcher-Carli Interprétation Enzo Joyeux Production École nationale supérieure Louis Lumière La Cité du Cinéma


  • Turbopera, de Antoine Marchand, Fabien Meyran et Benoît de Geyer d’Orth devant les projections de Tre Piani et Aline

Dans une poissonnerie, une fois la nuit tombée, deux solistes interprètent avec une grande émotion La Traviata de Verdi, nous offrant une chorégraphie des plus chics.

Giuseppe Verdi lui-même n’en reviendrait pas ! Voir ainsi le livret de son célébrissime opéra La Traviata interprété par… des poissons ! Par la grâce d’une animation numérique 3D ultra sophistiquée, un mérou ténor et une sole soprano se produisent en effet, fièrement, devant une audience à nageoires et branchies médusée…

Turbopéra n’est pas, comme on pourrait le penser, un film d’école à proprement parler, mais une œuvre courte – deux minutes, générique compris, on a vraiment enclenché le “turbo”… – élaborée par un quatuor de jeunes animateurs dans un cadre de stage. La drôlerie de la situation et la qualité des textures transmises à l’image (avec des reflets sur les écailles des aquatiques héros !) sont jubilatoires, d’autant qu’une chute nous transfère en un clignement d’œil (globuleux) d’une salle de concert cossue à un lieu beaucoup plus trivial, la musique passant alors en mode diégétique, selon une clé d’analyse bien connu des étudiants en cinéma.
L’ironie est totale, d’autant que l’extrait choisi, le célèbre “Brindisi”, appartenant au premier acte de l’opéra de Verdi, exalte en réalité… la joie de vivre ! Le dénouement n’en est que plus savoureux, et sans aucune arête en travers du gosier…

Scénario Fabien Meyran Production Eddy Production

L’Extra Court