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Publié le 22/11/2023 - Court-métrage

Du 22 au 28 novembre

Baisse les bras !, Seul sous les aurores et La vie c’est pas un jeu, trois courts-métrages à découvrir dans votre cinéma du 22 au 28 novembre 2023.

  • Baisse les bras !, de Frédéric Philibert, devant les projections de Rien à perdre

 Les parents de Noé répètent inlassablement cette phrase à leur fils qui a les bras en perpétuel mouvement lorsqu’il parle ou a de grandes émotions. Noé à 18 ans. Il est majeur pour la société … Mais absolument pas autonome.

L’émotion est au rendez-vous avec Baisse les bras. Le réalisateur Frédéric Philibert retrouve, quatorze ans plus tard, les protagonistes de son court métrage Mon petit frère de la lune, à savoir ses propres enfants : Coline et Noé, à qui il dédie ce dernier film. Une éternité familiale sépare les deux opus et les petits sont devenus grands. Noé a dix-huit ans et sa sœur est étudiante.

L’animation séduit : le trait est fin, simple et précis. Les tâches de couleurs sont vives et signifiantes, du bleu de la porte qui fascine Noé au jaune moutarde du canapé partagé. L’osmose avec la piste sonore est totale. La voix off féminine alterne entre narratrice et personnage de la mère, et le bruitage accompagne les mouvements du garçon, tout comme les différentes ambiances (maison, voiture, gare, piscine, couloir, etc.).

L’autisme a gagné plus largement l’espace public et le champ de la parole, dans la société française, avec de nombreux débats sur les moyens d’intégrer les mineurs dans les circuits scolaires. Le film y fait écho à travers les injonctions à Noé et sa famille. Il “faut” prévoir un projet de vie, et choisir entre garder l’enfant ou le placer…

Scénario Frédéric Philibert, Anne Dupoizat Musique Jeffrey Livingston Production JPL films, Vive l’Anim


  • Seul sous les aurores, de Valentin Denyset, devant les projections de La rivière

Au début de l’hiver, au-delà du cercle polaire, j’ouvre la porte d’une cabane en bois perdue au cœur des étendues blanches, loin de toute civilisation. Les aurores boréales embrasent les cieux, et les paysages demeurent incroyablement beaux. Je prends soin de consigner mes idées, mes sensations, et de filmer ma vie d’ermite. Les lieux sont propices à l’émerveillement, à la poésie, à la raison…

Valentin Denyset explore la planète et ses propres limites. Photographe documentaire, il saisit dans Seul sous les aurores les moments anodins comme spectaculaires de sa retraite de quelques semaines hivernales passées en 2019 dans le comté de Finnmark, en plein grand nord norvégien. Le froid immense envahit chacune des images de ces six minutes de film. Le blanc, la neige, le ciel, le bois, les arbres…

Au centre du récit, une quête. La captation des aurores boréales. Motif du travail plastique d’un autre réalisateur explorateur, Clément Cogitore, ce phénomène lumineux et scientifique explose ici de magnificence durant quelques plans. En accéléré, la fluidité des rayons verts remplit l’écran de nappes uniques, que Valentin Denyset capte avec précision dans le mouvement.

La répétition des gestes quotidiens dans la cabane en bois s’enchaîne avec les échappées extérieures filmées au drone. Glissant sur des skis, avançant en raquettes, ou survivant dans le froid, le réalisateur est le propre aventurier de son film. Celui qui expérimente le monde. C’est là une grande épopée sur la solitude, sur l’isolement, et sur l’apprentissage de soi-même.


  • La vie c’est pas un jeu, de Quentin Ménard, devant les projections de Testament

 C’est le matin de Noël, Jeanne et son petit-fils jouent au loto bingo. Ils vivent ensemble et n’ont pas dormi de la nuit. Pour cette dernière partie, avant d’aller se coucher, un énième Banco est à gagner et à gratter. Ma grand-mère me dit : « la vie c’est pas un jeu », hors tournage elle me dit aussi : « profites de la vie tant que tu peux ». La caméra immortalise ce moment que je ne veux jamais oublier et qui me ramène à l’essentiel : profiter de ceux que j’aime.

Le titre joue lui-même avec sa signification, car il suit une femme et son petit-fils en train de… jouer au loto bingo ! Le ludique et la rigolade sont entrecoupés de réflexions et de confessions discrètes de l’héroïne sur la vie, au gré des questions et des échanges avec son cadet. La grande complicité de ces deux êtres passe par cette tranche de vie partagée.

Remarqué au Nikon Film Festival en 2021, le film s’ouvre sur la loterie en métal, où sont placées les boules, tirées une à une pour avancer dans la partie. Chacune d’elles lance une discussion concrète sur les jeux télévisés qu’on préfère, sur le côté ludique – ou pas – de l’existence ou encore sur la sexualité conjugale. Les thèmes sont variés et permettent à l’aînée de se confier, en parfait partage, entre deux gorgées de boisson qui pique.

La décontraction ambiante gagne progressivement l’audience. Dans ces images en format Scope, la mamie porte un déguisement d’animal et le garçon arbore une chemisette ouverte. Humour et tendresse se donnent allégrement la main. Et qui sait, au bout du Bingo, il y a peut-être quelque chose à gagner ? Même avec un mini lot, l’important c’est de participer !

Interprétation Quentin Ménard Production Quel monde productions

L’Extra Court