The Complete Riverside Recordings Featuring Scott LaFaro and Paul Motian, le dernier album de Bill Evans Trio est en écoute dans votre cinéma du 28 octobre au 24 novembre 2026.
Dans le cadre de la journée européenne art et essai, votre cinema proposera un biopic sur Bill Evans en partenariat avec le festival Jazzimut ! Séance le dimanche 22/11 à 18h30
Aujourd’hui, Craft Recordings rend hommage à ce trio inimitable à travers “Haunted Heart : The Legendary Riverside Studio Recordings”, une toute nouvelle collection qui rassemble pour la toute première fois l’intégralité des enregistrements studio du « Classic Trio » d’Evans. Cette collection de 5 vinyles 180 grammes (également disponible en coffret 3 CD et en version numérique standard/haute résolution) comprend les deux albums studio originaux acclamés du trio, Portrait in Jazz (1960) et Explorations (1961).
Largement considéré comme l’une des figures les plus influentes de l’histoire du jazz, Bill Evans (1929-1980) était célèbre pour ses compositions lyriques, sa technique pianistique singulière et, surtout, son jeu en trio conversationnel, une approche révolutionnaire qu’il a développée au début des années 60 avec le bassiste Scott LaFaro et le batteur Paul Motian. Bien que leur collaboration n’ait duré que 20 mois, le groupe, souvent appelé le « trio classique » d’Evans, a laissé une empreinte durable qui a transformé l’orientation du jazz moderne.
Lorsque le trio s’est formé au milieu de l’année 1959, Evans était déjà une étoile montante, grâce à ses collaborations très médiatisées avec Miles Davis (il apparaît sur le chef-d’œuvre du trompettiste Kind of Blue, sorti en 1959) et le compositeur George Russell, ainsi qu’à plusieurs albums fondateurs en tant que leader, notamment son premier album New Jazz Conceptions, sorti en 1956, et Everybody Digs Bill Evans, sorti en 1958. Mais, comme l’écrit Eugene Holley Jr., « même si Evans était satisfait de sa place dans le jazz, il sentait qu’il était sur le point de découvrir une forme d’improvisation plus interactive ».
Le pianiste a recherché des musiciens partageant les mêmes idées, à commencer par le bassiste Scott LaFaro (1936-1961). Après s’être fait un nom sur la côte ouest en tant que sideman de Chet Baker, Cal Tjader et Benny Goodman, LaFaro s’est installé à New York, où il a rencontré Evans. Sa technique distinctive est devenue essentielle à l’interaction expressive du groupe, explique Holley. « LaFaro […] a atteint une virtuosité et une fluidité dignes d’une guitare à la basse en abaissant le chevalet de l’instrument, ce qui lui a permis d’interagir avec la voix principale ou le soliste sur un pied d’égalité. » Le trio était complété par le batteur Paul Motian (1931-2011), qui apportait une approche tout aussi innovante. Après avoir perfectionné son art avec Thelonious Monk, Lennie Tristano, Coleman Hawkins et bien d’autres à New York, Motian a abandonné le rôle traditionnel de gardien du temps dans son travail avec Bill Evans, créant à la place des textures et des ambiances subtiles qui fluctuaient de manière organique avec les autres instruments.
Le processus créatif novateur et spontané du groupe est encore mieux mis en évidence par les 27 prises alternatives des deux sessions en studio, présentées dans l’ordre dans lequel elles ont été enregistrées, y compris des versions inédites de « Witchcraft », « Spring Is Here », « Come Rain or Come Shine » et « Someday My Prince Will Come » (tirées de Portrait in Jazz), ainsi que « Elsa », « Sweet and Lovely », « I Wish I Knew », « Haunted Heart » et « How Deep Is The Ocean » (tirées de Explorations). Les fans découvriront également une première prise de « Walking Up », qui figurera plus tard sur l’album d’Evans de 1962, How My Heart Sings!, ainsi que l’interprétation par le trio de « The Boy Next Door », tiré de la comédie musicale de 1944, Meet Me in St. Louis. Holley explique qu’en écoutant ces enregistrements, on découvre « une fenêtre rare sur les thèmes et variations apparemment infinis de la sophistication harmonique et de l’imagination mélodique d’Evans ».

