LA FABLE HUMANISTE DE DAVID LYNCH QUI MARQUA DES GÉNÉRATIONS ENTIÈRES DE SPECTATEURS ! À (re)découvrir sur grand écran dans sa magnifique restauration 4K réalisée pour les 40 ans du film et supervisée par David Lynch !
Projection unique au cinéma Atlantic le dimanche 19 juillet à 21h15

Avec Elephant Man, son deuxième long-métrage après l’expérimental Eraserhead (1977), le réalisateur américain David Lynch entre de plein fouet dans la légende du cinéma. Hymne poignant à la tolérance et au respect de la dignité humaine, ce mélodrame atypique dans la carrière du cinéaste vaut également pour l’interprétation de ses acteurs, les remarquables Anthony Hopkins (Le Silence des agneaux) et John Hurt (Alien), méconnaissable sous son maquillage. Nominé huit fois aux Oscars, lauréat du César du meilleur film étranger, Elephant Man reste un chef-d’oeuvre inégalé dans l’histoire du 7e art, d’une beauté et d’une pudeur rarement atteintes. L’acte de naissance d’un immense cinéaste !

EXTRAITS DU DOSSIER DE PRESSE

« Au-delà de la fresque sociale, j’ai voulu montrer comment le personnage réagissait au contact de différentes situations. Il passe de l’univers de la pauvreté à celui de la richesse. Les deux mondes s’ignorent et se veulent différents mais leur curiosité vis-à-vis du ‘‘monstre’’ est la même. » David Lynch

⇒ UNE ATMOSPHÈRE

Dès le lancement du projet, David Lynch sait qu’il veut tourner son film en noir et blanc – comme c’était déjà le cas pour Eraserhead. Non pour des considérations purement esthétiques, mais par souci de coller le plus possible à l’atmosphère de l’époque, le Londres de la période victorienne. « C’était un choix, à cause de l’ambiance, l’industrie, la fumée, les petites rues sombres », explique le réalisateur. Elephant Man est célèbre pour son noir et blanc métallique tout en contrastes, et pour ses multiples nuances de gris qui renvoient à l’atmosphère si particulière de la ville, avec son bien-nommé London fog. Les décors ne sont pas les seuls à refléter le climat de cette société en pleine révolution industrielle, la bande-son s’y mêle aussi par le biais de bruits répétitifs qui font planer une menace sourde sur cet environnement et sur John Merrick en particulier, « anomalie » de ce monde. Mais cette atmosphère presque réaliste est constamment contrebalancée par l’onirisme de Lynch, observé dès les premières images du film. Un climat de mystère et de suspense vient également s’installer à mesure que l’œuvre progresse. Une influence est clairement à noter du côté des films de la Hammer, célèbre société de production britannique qui révolutionna l’esthétique du cinéma d’horreur dans les années 1950 et pour laquelle travailla notamment Freddie Francis, le directeur de la photographie du film. Toutefois, jamais le cinéaste n’a recours à ce genre pour caractériser le personnage d’Elephant Man : l’horreur figure autour de lui, il en est la victime et non l’auteur.

« Si vous arrivez à la fin d’Elephant Man et que vous n’avez pas été ému, alors je ne pense pas que vous soyez une personne que j’ai envie de connaître. » John hurt

⇒ POUR L’AMOUR DES FREAKS
Atteint du syndrome de Protée, John Merrick a le visage et le corps complètement difformes. Pour visualiser ce personnage atypique, David Lynch avait en tête un célèbre autoportrait du peintre Francis Bacon (cf. photo à droite). Cette influence n’est guère surprenante de la part de ce cinéaste qui a toujours revendiqué sa passion pour l’art. « J’aime ce à quoi John Merrick ressemble, comme j’aime les peintures de Francis Bacon. Si vous pouvez l’imaginer comme une sculpture, alors il est beau à bien des égards », déclare Lynch. Cet « homme éléphant » n’est alors pas envisagé comme un monstre mais comme une véritable œuvre d’art… qui ne sera dévoilée qu’au bout d’une demi-heure de film. En effet, la vision de John Merrick est constamment retardée, créant une attente chez le spectateur. Lorsque son corps et son visage sont enfin visibles, David Lynch pose sur lui un regard attendri, comme l’avait fait en 1932 le réalisateur Tod Browning avec son chef-d’œuvre Freaks. De nombreux et illustres réalisateurs revendiquent l’influence de ce monument du 7e art sur leur travail, comme Werner Herzog (L’Énigme de Kaspar Hauser, 1974), Tim Burton (Edward aux mains d’argent, 1990) ou David Cronenberg (La Mouche, 1986). En montrant des hommes et femmes « anormaux », ces cinéastes pointent la frontière ténue qui existe entre humanité et monstruosité. Les monstres ne sont pas forcément ceux que l’on croit…